La modification corporelle serait-elle le futur de la mode ?

Des colliers à fleurs comme intégrés sous l’épiderme, des talons humains en forme de coquillage ou encore des plumes plus vraies que nature qu’on jurerait voir émerger d’une poitrine. Avec le débarquement en catimini de la marque A. Human, l’univers de la mode semble prendre un tournant pour le moins borderline.

© A. Human via Instagram

À l’image de nombreux buzz inopinés, tout a commencé avec une courte vidéo postée par nulle autre que Kim Kardashian. Sur son compte Twitter, celle-ci rapproche son smartphone au plus près de son cou, afin d’exhiber ce qui a tout l’air d’une sordide excroissance. En effet, la reine des réseaux sociaux semble arborer sous sa peau un collier floral qui, comme elle nous le précise, s’illumine à chaque battement de son cœur. Ce nouvel accessoire un brin étrange, notre chère Kim le doit à A. Human.

Jusqu’alors inconnue aux bataillons, cette marque high concept prend d’assaut le monde de la mode, célébrité après célébrité. En plus de la fille Kardashian, des personnalités notoires comme Chrissy Teigen et Tan France (Queer Eye) ont aussi montré leurs légères (si peu !) altérations physiques sur leurs comptes personnels. Avec ces prothèses customisées, A. Human frôle le transhumanisme et embraye même sur une réflexion presque philosophique, comme en témoigne un questionnement trouvable sur son Instagram :

« Quand tu peux changer ton corps comme tu changes de vêtements, est-ce que ton apparence perd tout son sens ou est-ce qu’elle veut absolument tout dire ? »

Après tout, la mode, haute couture ou non, a tellement pu expérimenter au fil des années et au rythme des Fashion Week qu’on en viendrait presque à se dire que la boucle est bouclée. La modification corporelle serait-elle, en toute logique, signe de renouveau pour ce secteur hypercréatif ? Simon Huck, le fondateur d’A. Human, semble être de cet avis.

© A. Human via Instagram

Depuis le 5 septembre 2018, la marque s’est installée en plein Manhattan dans une boutique intégralement consacrée à ces accessoires 2.0. Le hic, c’est qu’il ne sera pas possible de craquer son PEL dans l’espoir de se faire poser un collier scintillant sous la peau. En effet, A. Human envisage une arrivée sur le marché pour la saison printemps-été 2019. Mais en attendant, le magasin a d’ores et déjà ouvert ses portes pour les New-Yorkais et prend des airs d’exposition conceptuelle qui ravirait les meilleurs bobos parisiens.

Au vu des premières photos de cette expo partagées sur les réseaux sociaux, la boutique A. Human a tout pour se hisser au statut de temple du weird. Interviewé par Nylon, Simon Huck détaille l’objectif initial de sa marque :

« Chez A. Human, nous croyons que modifier notre apparence ne devrait pas se limiter aux vêtements, aux tatouages, aux piercings, et que les altérations faites à notre corps ne devraient pas avoir lieu simplement dans l’objectif de nous réparer. Nous croyons que toute personne, à quelque étape de sa vie, doit avoir la liberté de faire ses propres choix quant à son apparence, à la façon dont elle se sent et la manière dont elle va expérimenter le monde. Pour la faire simple, nos modifications corporelles sont conçues pour provoquer la curiosité et renforcer l’expression de soi. »

Pouvoir s’exprimer à travers son apparence, c’est totalement légitime. Après tout, c’est ce qu’on fait tous les jours via nos choix de fringues – et oui, porter volontairement des Crocs veut sans doute en dire beaucoup sur vous. En revanche, customiser ses épaules pour les affubler de cornes démoniaques, pas certain que ce soit très pratique à porter au quotidien.

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